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Affaire Bordeaux – Rodez : Quid des normes de sécurité dans les stades modernes en 2023

Le 2 juin 2023, la dernière journée de Ligue 2 a pris une tournure dramatique pour les Girondins de Bordeaux et Rodez Aveyron Football. Alors que Bordeaux espérait monter en Ligue 1 et Rodez luttait pour son maintien, le match a été interrompu à la 25ème minute suite à l’agression d’un joueur par un intrus. Cet incident relance le débat sur la sécurité dans les stades, alors que la LFP a délibéré des sanctions.

La violente agression dont a été victime Lucas Buades a entraîné l’interruption définitive de la rencontre. Les perspectives de promotion semblent s’éloigner pour l’équipe des Girondins de Bordeaux. Cliché AFP capturé par Thibaud Moritz.

C’est sur un goût amer que s’achève cette dernière journée de Ligue 2 pour les supporters des Girondins de Bordeaux et ceux du Rodez Aveyron Football. Cette rencontre attendue, ayant eu lieu durant l’été dernier, rassemblait une équipe qui jouait la montée en Ligue 1, et l’autre qui luttait pour assurer son maintien. Alors que les deux équipes étaient engagées dans une bataille acharnée sur le terrain dans une ambiance électrique mais jusqu’ici très saine, un incident inattendu à la 25ème minute de jeu a entraîné une interruption totale du match suite à l’agression physique d’un intrus sur un joueur. Ce fait, ressemblant à d’autres dans les années passées, remet en cause la question de la sécurité des protagonistes dans les stades.

Avant le match et jusqu’à cette fameuse 25ème minute de jeu où l’agression a eu lieu, l’ambiance était très festive et ce match de gala était taillé pour être regardé et apprécié. Jérémy Bérrié, chroniqueur chez ARL et créateur du média TopGirondins a notamment mis l’accent sur cette atmosphère à part. “C’était un événement ou l’on avait peu de chances d’aller jusqu’au rêve de monter en Ligue 1, l’ambiance était folle et historique dans ce stade. C’était le décor des grandes soirées comme il y a pu y avoir pour des Bordeaux-La Gantoise il y a quelques années ou comme des “Adieux Lescure”… tous ces gros matchs qui ont marqué l’histoire récente des Girondins…  Même son de cloche pour Thibaud : “L’ambiance était folle. On allait vivre quelque chose de grand. L’accueil des joueurs, le cortège des UltraMarines, l’ambiance dans le stade tout était magique.” Selon Jérémy, ayant interviewé plusieurs membres des UB87 (Ultramarines) ces derniers sont très majoritairement “écœurés par l’attitude de l’un des leurs” (en parlant de l’individu ayant agressé le joueur de Rodez). Ce geste est selon plusieurs supporters impardonnable, l’agresseur membre des Ultramarines semble provenir d’Annecy… qui est un club qui jouait également le maintien ce soir-là. La LFP (Ligue de Football Professionnel) a décidé de sanctionner les girondins d’un point au début de la saison suivante.

“Il faudra accepter les sanctions, un club est responsable de ses supporters, il n’y a pas le choix” Thibaud, supporter des girondins

Une agression avant un effet “domino” 

Outre ce fait majeur, d’autres évènements bouleversants ont eu lieu durant la soirée dans l’enceinte du Matmut Atlantique. L’ambiance dans le “Virage Sud” (Kop de supporters composés d’ultras et de fans) étant électrique en raison de la surpopulation de cette dernière. De nombreuses personnes ayant réservé leurs places dans le reste du stade ont pu accéder au Virage et s’ajouter aux personnes déjà présentes à leurs sièges. Tout cela grâce à une coursive qui relie les différents blocs des stades. D’après le communiqué des Ultramarines, réagissant à l’acte imprudent et aux conséquences de cette ambiance difficilement canalisable, des dizaines de malaises à l’intérieur du “chaudron bordelais” ont nécessité l’intervention des secours en haut de la tribune. Autre affaire dans une des tribunes latérales, après l’annonce du speaker qui annonçait la fin du match et donc la nécessité de quitter les lieux pour les spectateurs, un individu, assiégé en loge, a agressé un stadier. Cette personne n’aurait pas supporté qu’on lui demande de quitter les lieux après l’arrêt du match, l’empêchant ainsi d’accéder au brunch pour se restaurer.

Un stade pas comme les autres 

L’organisation de la tribune des Ultramarines, l’Association d’Ultras des supporters de Bordeaux, était gérée par le club de football et non pas par le personnel du stade selon sa chargée de communication. Cependant, le supporter responsable de l’arrêt du match n’a eu aucun mal à se rendre sur la pelouse depuis les tribunes, mais simplement à passer sous une bâche, ce qui pose des questions quant à la sécurité ainsi qu’à l’architecture du stade, tant pour les footballeurs sur le terrain que pour les supporters. 

En effet, au moment de l’inauguration du stade Matmut Atlantique lors la rencontre face à Montpellier, la soirée manque de virer au drame. Lorsque Bordeaux ouvre le score à la 9ème minute, un des portillons du Virage Sud censé empêcher l’accès au terrain cède sous la pression des supporters qui déferlent vers le bas de la tribune pour célébrer avec leurs joueurs. Heureusement, il n’y a pas eu de blessé grave. Le stade situé en périphérie de Bordeaux a été créé pour accueillir d’autres événements que des matchs, comme des concerts ou des spectacles. La superposition de deux tribunes, l’inclinaison des gradins ainsi que la proximité avec la surface de jeu confèrent à l’arène un effet “chaudron”, se vante le site internet du stade. Malgré ces installations, le constat est sans appel, la sécurité n’est pas à la hauteur de l’effervescence des supporters. 

Que faire pour améliorer la sécurité ?

Ce type d’événement n’est pas le premier depuis la sortie de terre du stade et selon ses supporters comme Jérémy qui en fait partie avant d’être journaliste, il est « hors de question de faire reculer les tribunes » comme il avait été décidé à Geoffroy Guichard, le stade de l’équipe de Saint-Etienne. Pour lui, le Matmut Atlantique est un précurseur des stades « à l’anglaise » en France où la proximité du terrain avec les tribunes permettent de bien mieux observer le spectacle. « Installer des filets atteint un peu à la visibilité, mais ce n’est pas une mauvaise idée. Mais dans le cas de vendredi, il y aurait dû surtout avoir un peu plus de stadier » explique-t-il, « il y a un réel laxisme au niveau de la sécurité ». En effet, on peut se remémorer les débordements lors de la rencontre face à Nîmes en 2019 ou encore l’accrochage avec Benoit Costil la saison dernière dû à un manque de personnel de sécurité pour empêcher ces altercations.